Le Directeur Financier face à la transformation de son métier

Il est largement reconnu que la fonction de directeur financier a beaucoup évolué au cours des 15 dernières années. De nos jours, le rôle du DAF intègre une dimension plus stratégique, une vision plus globale de l’entreprise et surtout, un champ d’action étendu. Le DAF fait de plus en plus le lien entre les différents services de l’entreprise, des services généraux aux ressources humaines, en passant par la direction générale et les services des systèmes d’information. Il s’impose également comme l’interlocuteur privilégié lorsque l’entreprise doit interagir avec des conseillers externes tels que les banquiers, les experts comptables, les avocats. La validation de contrat, l’intervention lors d’une négociation tendent également à faire leur apparition sur la liste des nouvelles missions assignées aux DAF. Ces tâches requièrent des compétences accrues en matière de communication et de pédagogie, et nécessitent des profils capables d’être force de proposition. Le DAF est donc de plus en plus appelé à occuper la fonction de Business Partner.

Le DAF moderne, un copilote de la Direction Générale

Pour décrire le rôle du Business Partner aux côtés des dirigeants, un terme a rapidement fait consensus : celui du copilote d’une entreprise dont le directeur général reste le pilote.  

En tant que copilote, le directeur financier assiste la direction générale à tous les moments clés de la vie de l’entreprise. Il est étroitement associé à toutes les décisions structurantes : projets, investissements, acquisitions, réponses aux appels d’offres… et plus généralement, à tous les grands choix stratégiques.

Le DAF moderne, un co-constructeur avec les opérationnels

Avec les opérationnels de terrain, le business partner est davantage dans une attitude de co-construction que de copilotage. Son rôle est de les «challenger», de les éclairer sur les différents leviers d’optimisation de leur activité et sur la manière de les actionner. Être un business partner, c’est amener les opérationnels à s’interroger, les aider à se poser les bonnes questions pour améliorer leur performance. C’est de la qualité de ce dialogue que dépend la valeur ajoutée du business partner. Celle-ci réside également dans sa capacité à apporter une vision plus globale, plus macroéconomique des activités et des tendances. Le business partner met les informations en perspective.

Le DAF moderne, un vrai connaisseur de l’activité de l’entreprise

Le bon directeur financier fait impérativement preuve d’une vision globale de l’activité et de son environnement. Il doit être un fin connaisseur du secteur économique de son entreprise, de son business model, des ressorts de son activité et de sa performance.  

La connaissance du « business » est encore plus indispensable pour les directeurs financiers des groupes cotés. En effet, dans le cadre de leur communication financière, ils sont les interlocuteurs privilégiés des analystes, qui veulent tout connaître des produits, de leur technicité, des innovations en cours… Dans ces entreprises, le bon directeur financier doit donc être « incollable » sur l’activité et son évolution, les fournisseurs et les clients, etc.

Le DAF moderne, un esprit curieux

Le financier qui ambitionne de devenir un bon directeur financier doit nécessairement faire preuve de curiosité. En effet, le meilleur moyen d’acquérir une excellente compréhension du business est de sortir de son bureau : le financier doit donc se déplacer sur le terrain, dans les sites de production, chez les fournisseurs, et surtout à la rencontre des clients, par exemple en accompagnant les commerciaux dans leurs tournées de prospection. La tâche lui sera grandement facilitée s’il manifeste une vraie curiosité pour tous les aspects des métiers de son entreprise.

Le DAF moderne, un générateur de résultat à l’échelle de l’entreprise

La majorité des grands projets de transformation sont aujourd’hui placés sous la responsabilité du directeur financier. Autrefois le directeur financier s’employait à produire des comptes justes dans les délais les plus courts, et à rendre son organisation. Le bon directeur financier voit plus grand : sa mission est désormais de générer du résultat à l’échelle de l’entreprise. Il détecte des opportunités de transformation et d’économies, y compris en dehors de la Direction Financière, il mobilise les énergies pour faire naître les projets, et s’implique personnellement dans leur mise en œuvre pour qu’ils délivrent les bénéfices attendus.

Le DAF moderne, un spécialiste de la chaîne de valeur financière

En matière d’optimisation du cash, le directeur financier gestionnaire se concentrait sur l’amélioration du BFR, et notamment sur le recouvrement des créances.

Le bon directeur financier a compris que le combat du cash se gagne à toutes les étapes de la chaîne de valeur, dès la contractualisation, voire dès le premier contact avec le client, puis tout au long du processus qui va de la commande à l’encaissement. Il a une approche globale des grands processus transverses (order to cash, procure to pay…) et de leur impact sur la performance financière. Son champ d’action dépasse même les frontières de l’entreprise pour englober la relation avec les fournisseurs, les clients et les partenaires.

Le DAF moderne, un promoteur d’un modèle d’entreprise

Le bon directeur financier a développé une excellente compréhension du métier de l’entreprise et de son business model. Cette vision, il doit la faire partager à l’ensemble du management, et la déployer dans l’ensemble des entités. Cela est notamment fondamental lors de l’acquisition d’une nouvelle société : il prend part à la décision d’acquisition, non seulement en tant que financier, mais aussi en tant que stratège. Une fois l’acquisition réalisée, il transmet à la nouvelle filiale les éléments de culture financière commune (plan de comptes, processus financiers, modèle de mesure de la performance…) qui permettront de l’intégrer véritablement dans le groupe.

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