Intégration : le Maroc et la Cedeao accélèrent

Quelques mois après avoir rejoint l’Union africaine après trente-trois ans d’absence, le Maroc a franchi une nouvelle étape dans son rapprochement avec le reste de l’Afrique. Le 4 juin dernier, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a donné son accord de principe à une adhésion du royaume chérifien. Désormais, on sait que cette adhésion se concrétisera en décembre, comme l’a annoncé mardi à Rabat le président de la commission de la Cedeao, Marcel Alain de Souza. «  La démarche du Maroc pour son adhésion à la Cedeao est sur la bonne voie et va être confirmée […] le 16 décembre prochain à Lomé  », a déclaré le président de la commission de la Cedeao Marcel Alain de Souza, cité par l’agence officielle MAP. La Cedeao est une des huit communautés économiques régionales (CER) reconnues par l’Union africaine. En plus de fixer une échéance, la Cedeao révèle que le roi Mohammed VI a bel et bien évoqué dans un courrier à l’institution son souhait d’adhérer à une monnaie unique de l’ensemble économique ouest-africain à terme. Et donc d’abandonner le dirham.

Une adhésion actée en décembre

Depuis une quinzaine d’années, le roi Mohammed VI mène une diplomatie économique offensive en direction de l’Afrique subsaharienne, avec des visites royales, des forums économiques, des rencontres entre responsables d’entreprise… et la signature d’accords bilatéraux. Aujourd’hui, la majorité des grandes entreprises marocaines sont implantées sur l’ensemble du continent. C’est donc naturellement que les chefs d’État de cette organisation composée de quinze pays ont exprimé de «  manière souveraine et en toute liberté  » leur volonté d’inclure le Maroc à la Cedeao, et ce, dans l’intérêt des deux parties, a affirmé le responsable.

20e économie mondiale

Avec un PIB global de 700 milliards de dollars et ses 300 millions d’habitants (estimation de 2010, NDLR), la Cedeao représente la 20e économie mondiale. En comparaison, les échanges commerciaux intrarégionaux de la Cedeao s’élèvent à un peu plus de 10 % du total des échanges de la région (contre moins de 3 % entre les pays du Maghreb). En l’intégrant, le Maroc apportera ses 100 milliards de dollars de PIB.

Les dirigeants ouest-africains avaient donné début juin leur accord de principe à la demande du Maroc, promettant «  d’examiner les implications de cette adhésion  » et invitant le roi Mohammed VI au prochain sommet de la Cedeao en décembre au Togo. L’adhésion du Maroc à la Cedeao devrait concerner notamment «  la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux  », a ajouté Marcel de Souza. « Si nous décidons qu’il y a libre circulation des personnes », des Marocains pourront aussi s’installer dans chacun des 15 autres pays, et vice versa, « cela implique un système que nous devrons contrôler, on n’adhère pas à un mariage pour avoir moins, mais plus qu’avant », a expliqué en détail le président de la commission de la Cedeao. « Cela signifie des dispositions juridiques et diplomatiques pour compléter le traité, et le Maroc deviendra membre à part entière. C’est un mariage sans Brexit, sans divorce, il doit être bien préparé », a-t-il insisté.

Cette décision vient «  couronner l’historique des relations qui ont toujours lié le Maroc, les pays d’Afrique de l’Ouest et la Cedeao  », s’est félicité pour sa part le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita. «  L’adhésion est une construction sui generis, il n’y a pas de manuel prêt à l’emploi, il faut faire preuve d’ingéniosité et de flexibilité en gardant en vue les objectifs  », a poursuivi le responsable marocain.

Source : http://afrique.lepoint.fr/economie/integration-le-maroc-et-la-cedeao-accelerent-30-08-2017-2153224_2258.php

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