La formation du dirigeant: un préalable indispensable pour faire prospérer son entreprise

On se préoccupe rarement de la formation des dirigeants. Pourtant, elle est un moyen essentiel de rendre l’entreprise plus compétitive. Mais quelles compétences doivent acquérir les décideurs ?

Être un bon dirigeant ne s’improvise pas. Maîtriser les évolutions techniques et réglementaires de son métier, comprendre un marché, améliorer sa méthode de management sont autant de moyens pour le chef d’entreprise de monter en compétences. Les formations complémentaires à sa formation initiale auront un impact direct sur sa façon de gérer son entreprise et sur la pérennité de celle-ci. Le chef d’entreprise n’a pas de complexes à avoir : il peut prétendre à des masters en alternance (bac +5) ou des diplômes de niveau bac  +3. Que ce soit en formation continue, ou par des sessions plus courtes non diplômantes, tout est envisageable pour se perfectionner. Direction administrative et financière, responsable de développement commercial, apprentissage des fondamentaux en comptabilité et gestion, en marketing ou encore en ressources humaines, master en management des collectivités ou en management des organisations et des technologies de l’information sont autant de possibilités qui s’offrent à lui. Lorsqu’il s’agit de formations longues, les sessions sont souvent regroupées sur une semaine par mois, afin que le dirigeant puisse garder la main sur ses dossiers le reste du temps mais aussi s’immerger dans une ambiance de groupe et partager ses expériences pendant la formation. Précisons que les patrons de TPE ont besoin, autant que les salariés, de se former. Même s’ils ont tendance à penser que tout va s’écrouler en leur absence ; la formation permet, au contraire, de prendre de la hauteur sur leur business.

Des contenus et des durées variables
Du module ponctuel de quelques heures à la formation étalée sur plusieurs années, il existe des Groupes d’Entraînement et de Réflexion au Management des Entreprises (GERME) pour les directeurs de ressources humaines ou directeurs administratifs et financiers, des demi-journées de formations plutôt orientées vers le développement personnel pour les TPE et PME du sud-ouest avec PLATO, des rencontres mensuelles avec des experts sur des thématiques comme «géopolitique et stratégie» ou «les outils de pilotage» avec l’Association du Progrès pour le Management (APM)… Le principe des contenus en ligne individualisés se développe également. « Les dirigeants at tendent surtout des formations courtes. Nous organisons donc des soirées à thèmes sur les partenariats, les réseaux… Certains seniors ont surtout besoin d’apprendre à structurer leurs compétences », explique Camille Chamard, directeur de l’IAE Pau Bayonne. Le dirigeant aura tantôt besoin de renforcer ses connaissances sur la législation en vigueur dans son secteur d’activité, sur la comptabilité ou les nouvelles normes et technologies, tantôt de se perfectionner en ressources humaines, en gestion des achats, en relation clients, ou en marketing. Dans les activités réglementées comme la chimie, il sera obligé de se former pour obtenir le niveau de diplôme requis. La formation en gestion de projet est de plus en plus demandée. Il existe même des modules pour apprendre la gestion du temps, souvent source de stress pour les patrons. Mais l’art de manager constitue sans doute la compétence clé, et la plus difficile à acquérir. Même lorsqu’ils ont un haut niveau de compétences, les dirigeants peuvent rencontrer des difficultés pour fédérer leur équipe, formuler un projet commun ou gérer les conflits. Or, ces compétences, dites douces, sont autant attendues que la lecture d’un bilan financier. Quand un projet échoue, on trouve souvent un problème humain derrière le frein technique apparent.

Une nouvelle génération de dirigeants
Il est primordial d’acquérir un savoir-être grâce à de la pratique et des mises en situation. « Les compétences métiers sont nécessaires pour accéder légitimement au poste mais elles ne suffisent pas. Dans un environnement concur rentiel, il faut trouver un mode de manage ment agile », affirme Pierre Croci, ancien directeur du réseau Entreprendre en pays d’Adour. Le coach et animateur de formations de dirigeants expérimenté se félicite de la mise en place du Campus des dirigeants à Roubaix, qu’il aimerait dupliquer à Pau, et qui permet, selon lui, d’apprendre «la posture du leader plutôt que du manager». Le Campus des diri
geants se targue d’ailleurs, sur son site internet, de «faire éclore une nouvelle génération de dirigeants». Le dirigeant du 21ème siècle se remet en question, s’interroge sur le comportement à adopter face à un client ou à un banquier, sur l’organisation de son temps, sur son environnement de travail et sa chaîne de valeurs. Il s’appuie sur son réseau pour étoffer son point de vue. Il est bienveillant et entretient sa culture générale pour paraître humain et crédible aux yeux de ses collaborateurs. « Les générations Y et Z ne se contentent plus d’exécuter des ordres comme il y a 50 ans. Ils veulent comprendre pourquoi ils travaillent et avoir des responsabilités. Il faut donner un sens éthique à l’entreprise au-delà du profit », ajoute l’expert. « En  40 ans, les organismes de formation ont réussi à combler beaucoup de manques avec la formation continue. Mais il reste à déve lopper la formation préventive. Les dirigeants ont tendance à se recroqueviller sur ce qu’ils savent », affirme quant à lui Joseph Ceccato, créateur et directeur de France Dirigeants. L’université libre organise des séminaires d’une journée, dans l’objectif d’accroître l’efficacité immédiate des décideurs. Avec une certitude : il est plus efficace de traiter les difficultés en amont.

Source : http://dynamic.pau.cci.fr/la-formation-du-dirigeant/

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