Afrique: Le financement, éternelle préoccupation

L’Afrique a un besoin de financement annuel de 200 milliards de dollars, ce qui constitue une opportunité considérable pour les investisseurs. Cela n’empêche pas pour autant les opérateurs, qu’ils soient de grande ou de petite taille, de souligner la difficulté de financement. Pour Lamiyaa Marzouki, invitée au club Afrique Développement d’Attijariwafa bank, et DGA à Casablanca Finance City, il faut d’abord comprendre les caractéristiques du système financier africain.

C’est un marché à 95% bancaire, dans lequel les marchés de capitaux ne jouent pas leur rôle dans le financement de l’économie. Badr Benyoussef, directeur de développement à la Bourse de Casablanca, a quant à lui attiré l’attention sur l’aspect culturel du marché. «La Bourse n’a jamais été dans les pratiques normales d’épargne ou d’investissement», indique-t-il. Et d’ajouter que, la société n’a pas conscience de l’importance, ou parfois même de l’existence de cet outil.

La faiblesse des PIB de certains pays africains constitue une autre contrainte selon Koffi Kloussekh (directeur de développement de projet chez Africa50). Un petit projet d’infrastructure peut être très difficile à mettre en place pour un pays dont le PIB ne dépasse pas les 10 milliards de dollars. Le PDG d’Albator Energy, Koen Becker, a été d’accord sur ce point. La société a en effet développé une petite centrale électrique sur 7 ans au Mali, qui va assurer 25% de la production nationale du pays.

Cet opérateur du privé a dressé un constat différent. Pour lui, la contrainte n’est pas celle du financement mais plutôt de la structuration des projets. «Une fois qu’un projet est bien structuré et répond aux demandes des bailleurs, il y a un choix assez important», indique-t-il. Et, bien entendu, la problématique de financement des PME a été évoquée.

Plusieurs solutions ont été proposées. Casa Finance City a par exemple pour objectif de drainer les investissements et de les canaliser vers l’Afrique. Elle a également souligné l’importance de l’intégration financière du continent. «Un accord est déjà en vigueur avec la place Maurice, et avec des agences de promotion des investissements africains», précise-t-elle. La bourse de Casablanca penche quant à elle vers l’éducation et la sensibilisation des acteurs.

Elle a adopté à ce titre le «programme élite» pour l’accompagnement et la formation des entreprises qui veulent utiliser l’outil boursier, selon leurs besoins. Ce programme a été importé du London Stock Exchange, qui l’a lancé en 2012 en Italie. Le Maroc est le seul pays à l’avoir développé en Afrique. Le programme compte actuellement 35 entreprises, et une dizaine d’investisseurs.

Source : http://www.leconomiste.com/article/1019460-afrique-le-financement-eternelle-preoccupation

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